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Une nouvelle génération de forestiers à la pointe de la certification
Inquiet de sa relève, le monde forestier suscite pourtant des vocations tardives… Jeunes retraités ou actifs, ces "nouveaux" forestiers s'engagent plus volontiers dans la certification…

À la tête d'une centaine d'hectares dans la Nièvre, le premier s'évertue à composer avec le mélange des essences forestières. Le second, meusien, s'efforce de reconstituer un massif à partir de parcelles dispersées dans la vallée de la Saulx. Le troisième s'est juré de transformer une vingtaine d'hectares de mauvais taillis en futaie dans l'Yonne. Outre la certification PEFC, ces trois propriétaires forestiers au profil fort différent, partagent un autre point commun. Il y a vingt ans, encore, ils ignoraient presque tout de la gestion forestière.

Fermeture des espaces agricoles dans le Morvan © Parc naturel

Plus qu'un contrôle, une forme de reconnaissance Le plus aguerri en la matière, Gilles Couvenant, a fait l'acquisition de sa première forêt en 1987. "En commun accord avec mon épouse", précise-t-il. "À l'origine, l'idée était de faire coïncider une passion commune pour la forêt et une logique de placement." Leur investissement s'avère rapidement plus personnel que financier. "J'ai du faire une bonne part de mon apprentissage forestier sur le tas en le complétant par quelques journées de formation au CRPF de Bourgogne", note-t-il. "La certification aussi a beaucoup compté" car, précise-t-il, "les recommandations et l'information apportées par PEFC ont contribué à la professionnalisation de mon parcours de forestier." À tel point d'ailleurs que Gilles Couvenant a attendu l'audit de l'entité régionale avec une certaine impatience. "Habitué au contrôle durant ma carrière professionnelle, je considère que c'est aussi un bon moyen d'évaluation et même, une forme de reconnaissance."

 
Formation dans la cadre du CRPF-Bourgogne  

Plus qu'un contrôle, l'audit a été l'occasion de valider ses choix. "La replantation des taillis sans valeur en mélange de merisiers et de douglas, la priorité donnée à la régénération naturelle sur 80% des parcelles, l'abandon d'une partie des résidus d'élagage sur place pour la biodiversité…" Il aurait fallu plus d'une demi-journée pour récapituler toutes les actions menées depuis une dizaine d'années. À défaut de nouvelles recommandations, Gilles Couvenant devra se contenter de quelques "tuyaux" pour le débardage de ses parcelles les plus pentues.

 
  Gérard Boursier,
sylviculteur dans l'Yonne

Patience et longueur
de temps…
Animé de la même soif de connaissances sylvicoles, son confrère Gérard Boursier de l'Yonne, a abordé l'audit avec d'autant plus de sérénité qu'il avait corrigé les "erreurs" commises au début de sa carrière sylvicole commencée en 2001. "Trop content d'avoir pu constituer un massif de 17 hectares à partir de l'hectare dont j'avais hérité, j'ai manqué de patience et entrepris des coupes un peu trop sévères en vue d'améliorer rapidement ces parcelles laissées à l'abandon."
Un premier stage, en 2003, suivi d'un perfectionnement l'année suivante, après l'adhésion à PEFC, a convaincu ce quinquagénaire, fonctionnaire territorial à la ville, de s'armer de patience pour réaliser ses ambitions forestières. Depuis lors, sur les conseils du CRPF et de la coopérative à laquelle il a adhéré, il a pris le parti de procéder par retouches, en aidant la régénération naturelle par l'achat que quelques plants. "J'élimine graduellement les essences de mauvaises qualité, en privilégiant celles, comme le chêne, le châtaignier qui prospèrent sur le très bon sol dont je dispose."
Dans son cas, l'audit PEFC aura surtout permis de constater que cette nouvelle approche a effacé toute trace des erreurs de débutant. "De ce point de vue, mon engagement dans la certification a été profitable. Il a facilité mon insertion dans le milieu forestier et les contacts profitables sur le plan technique" confesse-t-il.
Rien de surprenant car, toujours porté par l'enthousiasme du néophyte, ce propriétaire entend également le partager. Il accueille dans sa forêt, les scolaires et les associations locales pour des visites guidées afin de "sensibiliser les riverains aux aspects insoupçonnés de la gestion forestière."

Vallée de la Saulx en hiver © Hagero

Son "collègue" nancéen Gérard Pérot a d'autres motifs d'être fier de son parcours de jeune forestier. Sa vocation tardive, il l'a doit beaucoup à la tempête de 1999 et au grand âge de sa maman, "incapable de remédier, seule, aux dégâts occasionnés sur une quinzaine d'hectares dispersés et quelque peu négligés."

 
Gérard Pérot,
sylvicuteur dans la Meuse
 

Pour ce biologise aujourd'hui, à la retraite, adhérent à PEFC depuis 2003, le contrôle effectué à l'automne 2009 aura été l'occasion de mesurer le chemin parcouru depuis le nettoyage des chablis laissés par le passage de Lothar. "Ma première décision, après la remise en état" dit-t-il, "a été de choisir j'ai choisi la régénération naturelle pour restaurer des peuplements où domine le chêne à côté de hêtres et de frênes." Un choix mûrement réfléchi, car précise-t-il, "en visitant des replantations sur les conseils du Groupement de Gestion et de Développement Forestier de la Meuse, j'ai constaté une densité moindre."
"L'acharnement des cervidés sur les jeunes pousses" a scellé sa décision.
Autre étape majeure de son parcours, la volonté de remembrer les parcelles familiales et de les étendre pour "créer un massif homogène plus conforme à la qualité des sols riches et humides de la région et, surtout, plus facile à entretenir." Une initiative que salue Jérôme Martinez, l'auditeur de l'entité régionale, régulièrement confronté à "des plans cadastraux totalement absurdes."
Pour le reste, il a constaté aussi les nombreuses améliorations opérées pour la création de cette de cette forêt de 55 hectares en cours de formation : "la présence d'arbres morts pour abriter les piverts, l'interruption des travaux de débardage en période humide pour protéger les sols, l'interdiction de l'écobuage des rémanents…"
"Autant de mesures que je n'aurais pas prises spontanément", avoue le propriétaire qui se félicite des recommandations de PEFC, en matière d'exploitation et de travaux forestiers, notamment, car dit-il, "la certification donne un poids supplémentaire à nos les exigences envers les exploitants."


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