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Les "fashion victim's" succomberont-elles à la certification?
Le bois est aussi une valeur porteuse pour les publicitaires de la mode. Grâce aux nouvelles fibres comme le lyocell, fabricants et enseignes misent sur la certification PEFC pour gagner sur la terrain de l'écologie.


Vêtements en fibres lyocell © Lenzing

Le bois s'affiche dans les dessous féminins ! Et ce n'est pas nouveau. En 2003, déjà la marque de lingerie Barbara, dans une campagne de presse, n'a pas hésité à vanter ses "slips à base de bois" en référence à la toute nouvelle fibre utilisée pour des dessous "confortables et naturels" le lyocell.

 
© Lenzing  

Textiles à base de bois Surfant sur la vague du retour au naturel et de la protection de l'environnement, de nombreux fabricants n'hésitent plus aujourd'hui à souligner la présence de bois dans leurs parures aussi bien féminines que masculines. Hom ou Eminence apprécient le maintien et la douceur du lyocell pour les nouvelles générations de slip, les vêtements outdoor sont sensibles à sa résistance à l'humidité. Son confort, le maître mot, est plébiscité par quelques grandes enseignes qui n'hésitent pas à jouer également sur la fibre écolo" du consommateur. En insistant, au passage, sur son origine forestière… Certifiée.
Le bois serait-il l'avenir du textile ? La dernière mascotte des fashion's victims ? Sans aller jusque-là, on peut affirmer avec Michel Bourgeois Michel Bourgeois, de l’Institut Français du Textile et de l’Habillement que c'est le bois qui a sauvé du marasme les textiles cellulosiques : "Le procédé solvant non-polluant NMMO utilisé dans la fabrication du Lyocell a permis aux industriels européens de reprendre la main. " Mieux, selon lui "l’argument écologique lui donne un avantage que la réglementation va renforcer."

 
© Lenzing

Un brevet miraculeux À l'origine de ce sursaut, deux firmes : d'abord, l'inventeur du brevet, Courtaulds Fibres Ltd, acteur historique de ce que l'on appelait jadis la "soie artificielle" devenu depuis Acordis Acetate Products… Ensuite, Lenzing, l'industriel autrichien qui en a fait le fer de lance de sa politique commerciale.
Le pari lancé il y 10 ans avec le lancement du lyocell dans un univers dominé à 80 % par les fibres synthétiques semble près d'être gagné. Ces nouvelles fibres "naturelles" séduisent de plus en plus de fabricants et trouve de nouvelles applications.
En outre, elles apparaissent comme une alternative hautement compétitive aux produits de la pétrochimie dérivés d'hydrocarbures fossiles tels que les fibres synthétiques qui subissent la hausse des prix et la raréfaction du pétrole. Autre facteur à prendre à compte : la production de coton, en but également à des critiques au titre de son impact environnemental, devrait se stabiliser autour de son volume actuel.

 
© Lenzing

La certification
en filigrane
Le secteur de l'habillement n'est d'ailleurs pas seul concerné, et le linge de maison est d'ores et déjà largement convaincu des vertus du bois et du lyocell. Son principal atout: il est plus absorbant que le coton ou la soie, un peu moins que la laine, le lin ou la viscose. Ils ne se chiffonnent pas comme la viscose, le coton ou le lin et se défroissent facilement dans une chaleur humide. Ils ne rétrécissent pas et sont stables comme la soie. Enfin, cette fibre est fibrillable (les fibres se séparent en fibrilles) ce qui permet d'obtenir un toucher particulier "peau de pèche" particulièrement prisé par les fabricants de lingerie.
Principal producteur de lyocell, Lenzing ne se contente plus d'afficher fièrement l'origine forestière de ces fibres Tencel®, Modal®. Il en revendique aussi la certification. Sa démarche commence à faire des émules parmi les fabricants de second rang.
Ainsi, la marque Patagonia insiste sur la certification PEFC des fibres Tencel® qui compose certains de ces vêtements de loisirs. L'enseigne H&M, pour sa part, qui dévoilera au printemps sa collection "Jardin romantique" au style flower-power hippie chic des années 70 insiste également sur ce point. En précisant que la marque a choisi, au lieu d'une fibre fabriquée à base de bambous, une matière renouvelable et soyeuse, produite à partir de bois provenant de forêts gérées durablement.

Extrait de la collection Garden de H&M lancée en mars 2010 © H&M

Pour l'heure, aucune marque d'habillement n'a affiché son implication dans la gestion forestière durable à l'aide de la certification ad hoc. Pour deux raisons. D'abord, parce qu'à la différence du papier, le secteur du textile comporte de nombreux paliers entre le bois qui entre dans les filatures "new age" de Lenzing et le grand couturier qui voudra en faire son miel ;après le filage, il y faut compter avec le tissage, l'impression des tissus et bien sûr la confection des vêtements… Ensuite, parce qu'en matière d'environnement, les industriels du textiles disposent déjà de labels spécifiques comme le certificat Oeko-Tex® bien installés.
Reste que le pli est pris. Pour se distinguer parmi les innovations "écolos" dont la filière textile est de plus en plus friande, les fibres à base de bois issus de forêts certifiées seront sans doute tentées de faire entendre leur différence.


pefc-france.org